Musée Africain
150 cours Gambetta
69361 Lyon cedex 07 - France
Tel : 04 78 61 60 98
Fax : 04 78 61 71 97
L'Art
du grand continent
Africain
Événements
en cours
ou à venir... Bientôt
au Musée Africain…
Le
Musée Africain de Lyon
vous informe des prochaines dates pour ses ateliers
créatifs destinés aux enfants de
4 à 12 ans et d’une visite guidée
destinée à tous les samedis
17 mai et le 14 juin matin.
Le prochain atelier aura lieu le 17 mai 2008de 10 h à 12 h. Il sera proposé
aux enfants, après un parcours thématique
au sein du musée, de s’inspirer de motifs des
tissus Kuba et de les imiter à l’aide
de calques multicolores.
Le tarif est de 10 € par enfant et par atelier.
Le 17 mai, simultanément à
l’atelier , une visite guidée
aura lieu de 10 h à 12 h pour les
petits et grands.
Les tarifs : 6 € par adulte ; 3 € par
étudiant / demandeur d’emploi; 1,5 €
par enfant.
La date du prochain atelier créatif a également
été arrêtée.
Le samedi 14 juin de 10 h à 12 h,
il sera également proposé une visite
guidée.
D’avril
à juillet 2008 le Musée
Africain accueillera le sculpteur Burkinabé
monsieur Bomavé KONATE. Il projette non
seulement d’exposer des œuvres anciennes
et contemporaines mais aussi de sculpter devant
nous statuettes et masques qui sont une partie
importante de son savoir-faire.
Les Konaté sont forgerons
Bomavé est né dans les années
50 au village de Oury au sein du peuple BWABA.
Sa famille est l’héritière
de la forge. Les forgerons fabriquent les outils
de la vie quotidienne. Donnant forme au métal
et sculptant le bois, leurs mains habiles façonnent
les instruments aratoires et les outils du bûcheron
telles les houes, les serpes, les herminettes.
Le quotidien c’est aussi l’accompagnement
des démarches rituelles que nécessitent
tous les « passages » de l’initiation
aux funérailles ; le forgeron est le maître
d’œuvre qui fournit la parure des masques
; il est le fossoyeur des défunts ; il
est le garant de la Tradition. A lui de la vivre,
de la transmettre, de la rendre vivante et de
l’actualiser.
Aujourd’hui c’est lui Bomavé
qui, chef de file des KONATE, est devenu le sage
et le garant de la Tradition. Pour transmettre
et pérenniser il a créé chez
lui une association qui gère le «
Parc International des Arts Modernes Et Traditionnels
» le PIAMET. Pour aller de l’avant
il ouvre son peuple au monde entier grâce
à des séjours réguliers en
Occident. Il expose et il sculpte chez nous des
œuvres à la fois copiées sur
la tradition et innovantes. Au Musée Africain
nous pourrons contempler figurines contemporaines
et masques animaliers ancestraux.
Le Feu et le Cosmos
Les romanciers africains des années des
Indépendances ont tous écrit de
merveilleuses pages sur le rôle des forgerons
dans leurs sociétés. Leur pouvoir
sur le feu et par le feu est capital ! Mais il
y a plus, leur être ne se situe pas seulement
au niveau de la matérialité des
minéraux et de leur transformation ; la
réalité des forgerons ne situe pas
seulement dans ce domaine de la maîtrise
du feu ; le forgeron et sa lignée est en
lien avec le visible et l’invisible, et
si de surcroît il est sculpteur (c’est
le cas de Bomavé Konaté) il est
en relation constante avec la nature toute entière.
Non seulement avec la nature, mais avec toutes
les puissances à qui elle appartient, puissances
visibles et invisibles qui la protègent.
Le visible et l’invisible
Prenons le cas de la confection d’un «
masque animalier » ! Bomavé doit
assurer le visage de cette parure rituelle. Retenons
seulement la suite des démarches qu’il
doit effectuer pour se procurer la matière
première, le bois.
Choisir le bois l’amène à
quitter son domicile et à aller loin des
habitations, hors des terres domestiquées.
Il quitte la « campagne » fréquentée
par les humains pour entrer dans la « brousse
» haut lieu de séjour des puissances
invisibles. Il est autorisé à entrer
dans un monde qui n’est pas le sien car
il a fait précéder sa démarche
d’un rituel de purification ou de demande
de protection. Il continue de vivre le rituel
pour choisir l’arbre dont il désire
prélever une partie ou qu’il doit
abattre. C’est toujours selon les critères
d’une certaine liturgie qu’il accomplira
sa sculpture car ce qu’il vient d’emprunter
à la nature, à la vie, symbolise
l’harmonie qui ne peut que régner
entre les vivants et avec l’invisible. Sans
cette harmonie rien de bon ne peut subsister.
Votre prochaine visite au Musée
En venant voir sculpter Bomavé, je souhaite
que vous puissiez à votre tour réaliser
que son ouvrage est non seulement l’art
d’un « maître » mais la
culture de tout un peuple ; je souhaite aussi
que vous entendiez bien au-delà de nos
concepts occidentaux et de nos capacités
d’analyse aussi précises soient-elles
; j’aimerais que vous puissiez aller au-delà
de l’esthétique et de nos critères
de beauté pour accueillir l’amour
et le respect qui animent ceux que nous appelons
« artistes ».
Michel
Bonemaison sma Directeur du Musée Africain
Dimanche 10 février 2008
* * * * *
Au cours des visites du Musée je suis interrogé
essentiellement sur les relations qui se sont nouées et
qui se nouent entre l'Afrique et l'Occident. Ce questionnement
est suscité par la réalité dont le Musée
est témoin : l'Afrique a vu grandir, s'affirmer, parfois
disparaître un grand nombre de cultures ; et ces cultures
du continent africain sont porteuses de valeurs dont nous, occidentaux,
n'imaginons qu'à peine la pluralité et la richesse.
Alors une interrogation se fait de plus en plus jour : quel est
l'avenir de l'Afrique, quel est l'avenir de nos relations avec
l'Afrique et qu'avons-nous le droit, voire le devoir, de partager
avec les Africains ?
* * * * *
Chaque objet exposé peut être le support à
une multitude de discours, que ce soit au niveau de l'art, de
l'ethnologie ou de l'anthropologie.
A travers eux on apprend à rencontrer des cultures et on
peut
se laisser inviter à découvrir l'univers spirituel
des africains.
Être invité à vivre quelques années
la charge de direction du "Musée Africain" est
une véritable grâce, celle de dire notre amour de
l'Afrique à ceux qui l'aiment déjà pour de
multiples raisons, mais aussi à ceux qui par le goût
des rencontres ou le désir de se cultiver viennent passer
quelques heures dans ce "sanctuaire de la vie africaine".
On ne ressort pas indemne d'une visite qu’elle soit libre
ou guidée.
Michel Bonemaison, Directeur du Musée
* * * * *
Quel
est notre projet aujourd'hui ? Notre ambition s'oriente dans quatre
directions. Nous voudrions :
- donner à l'Afrique une vitrine pour mieux se faire connaître
et apprécier dans le monde multiculturel qui est de plus
en plus le nôtre aujourd'hui
- donner aux Lyonnais et à tous ceux qui visitent la ville
ou y séjournent de découvrir les richesses culturelles
de l'Afrique, spécialement de l'Afrique occidentale
- offrir aux chercheurs et aux étudiants un instrument
de travail de qualité pour poursuivre leurs investigations
- offrir enfin aux personnes issues de l'immigration un espace
où elles pourront facilement retrouver et transmettre quelque
chose de leurs origines. ....................