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Une histoire glorieuse
Assez vite, il attirera de nombreux visiteurs et il connaîtra
ses heures de gloire en obtenant une médaille d'or à l'Exposition
universelle de Lyon en 1894 et une nouvelle médaille d'or à
l'Exposition coloniale de 1900. Au début du siècle, il
connaîtra, par contre, des heures difficiles à cause des
lois de séparation de l'Église et de l'État. Il
sera même fermé et les pièces les plus importantes
seront dispersées pour être mises à l'abri. II va
renaître en 1920 dans un contexte très différent.
C'est l'époque où la France connaît une grande effervescence
culturelle : les artistes modernes découvrent l'Art Nègre,
la musique afro-américaine traverse l'Atlantique, les expositions
se multiplient et de nombreuses études sont publiées sur
l'Afrique et sa culture.
Chabert et Aupiais
Deux hommes, aux Missions Africaines, sont particulièrement
attentifs à cette évolution : - En premier lieu, le Père
Jean-Marie Chabert. Lorsqu'il entreprend la construction d'un nouveau
bâtiment sur le cours Gambetta, il prévoit, dans son plan,
qu'une partie sera réservée au nouveau musée. Il
écrit quelques années plus tard : "Les collections
exposées sont destinées à faire connaître
nos missions et Les peuples chez lesquels nous travaillons. Elles rendront
plus tard de réeLs services à ceux qui s'occupent de sciences
missiologiques". - La seconde personne qui a beaucoup travaillé
pour le Musée, c'est le Père Francis Aupiais. Missionnaire
au Dahomey dans la région de Porto-Novo, il manifestera un grand
intérêt pour la culture traditionnelle du Sud-Dahomey.
Ses études feront rapidement autorité. Il saura s'entourer
de collaborateurs locaux avec qui il lancera "La Reconnaissance
Africaine", revue dont la rédaction sera totalement assurée
par de jeunes Dahoméens. En 1926, le Père Aupiais reviendra
en France avec une trentaine de caisses d'objets du Dahomey et il mettra
sur pied une exposition itinérante qui rencontrera un vif succès.
Un certain nombre d'objets qu'il a rapporté sont aujourd'hui
en exposition.
Découvrir le monde africain
À cette époque, le musée se propose de faire découvrir
un monde africain qui reste inconnu et sur lequel on porte souvent des
jugements négatifs. "Notre programme, écrit le Père
Aupiais, est de faire connaître les religions traditionnelles,
les coutumes du pays, tout ce qui se rapporte à l'histoire locale,
de prouver que les indigènes possèdent un grand fond de
sentiments et d'idéal élevés." En 1979, les
deux premiers étages du musée seront totalement rénovés
en s'inspirant de la muséographie du Musée National des
Arts et Traditions Populaires. Il prendra alors vraiment le nom de Musée
Africain. Depuis cette date, le troisième étage attendait.
Il vient d'être refait.